C’est aujourd’hui que devrait se régler le litige entre Jean-Claude Dassier et l’Olympique de Marseille. L’ancien président de l’OM, débarqué il y a un an, poursuit son ancien employeur pour rupture abusive de contrat. Il réclame 1,7 millions d’euros soit l’intégralité des salaires qui lui restait à gagner. Le litige devrait se régler devant un tribunal arbitral sous seing privé, entendez par là que la discussion doit se dérouler dans l’intimité d’un cabinet d’avocat. Probablement à Paris.
Dassier : « Ca a trop bien marché, et Labrune ne l’a pas supporté »
J
ean-Claude Dassier a profité de ces dernier jours pour faire monter la mayonnaise. En mode bazooka style. «Le lourd préjudice dans cette affaire, c’est moi qui le porte. J’ai été viré avec une brutalité inouïe, sans avoir la moindre mise en garde. J’ai une carrière sans tache et je ne vais pas accepter ce procès qui ne correspond à aucune réalité.» avait-il déclaré à l’Equipe. Rancunier, la Dass’ s’est acharné sur Vincent Labrune, un coupeur de tête de présidents de l’OM. « En 2009, Labrune coupe la tête de Pape Diouf. Il fallait voir ce qu’il balançait sur son compte dans les diners parisiens. Je lui répétais : «Labrune, sors du bois. Prends le job !» Il me l’a proposé. Ca a trop bien marché, et il ne l’a pas supporté.» «Les victoires, ce n’étaient pas les siennes. Il a coupé la tête de deux présidents en trois ans. On a les bilans que l’on peut.» Dassier ou le Louis XVI du football…
Pour Labrune, Dassier a plombé les finances du club
La version de Vincent Labrune est, évidemment, très différente. Selon l’actuel président de l’OM, au printemps 2009, Jean-Claude Dassier aurait fait des pieds et des mains pour prendre la présidence de l’OM, tuyauté par son pote de TF1 Jean-Pierre Foucault. Dassier, que Labrune fréquente, aurait fait beaucoup de lobbying auprès de Robert Louis-Dreyfus, mourant, qui, au final, aurait accédé à la requête de l’ancien patron de l’information de TF1. Mais Labrune s’est assuré que Jean-Claude Dassier, néophyte dans le football, n’ait pas le pouvoir financier. Juste une fonction de représentation. Un super Dir’ Com’.
Un an plus tard, l’OM est champion de France et gagne la Coupe de la Ligue. Dassier bombe le torse et, selon la version de Vincent Labrune, il demande à être un président décisionnaire, estimant qu’il est la risée du foot français. Margarita Louis-Dreyfus et Vincent Labrune, qui veulent prendre un peu de recul, acceptent. Pendant l’été, l’OM signent André-Pierre Gignac et Loïc Rémy. Le premier en urgence étant donné les anomalies cardiaques du second. Ces deux transferts plombent durablement les comptes de l’OM. 40 millions d’euros bonus compris alors que les caisses sont vides. C’est le premier reproche que fait Labrune, qui est pourtant encore président du Conseil de surveillance du club.
Deuxième critique, les négociations de prime de victoires, y compris quand l’OM se contente d’un match nul. Ainsi, toujours selon Labrune, les sommes gagnées lors de la campagne européenne en LDC de l’OM tout comme le parcours en coupe de la Ligue, sont englouties en primes pour les joueurs. Au terme de la saison 2010-2011, les finances de l’OM connaissent un trou de 16 millions d’euros. «Un mensonge pur et simple» selon Dassier.
Troisième critique, la gestion de l’épisode Brandao et de son viol présumé. Dassier n’a communiqué que 72 heures après l’interpellation de l’attaquant brésilien laissant autant de temps au buzz pour casser l’image du club.
Pour Vincent Labrune mais aussi Margarita Louis-Dreyfus, c’en est trop. Car c’est l’actionnaire qui met un terme au contrat de Jean-Claude Dassier dans un conseil de surveillance extraordinaire.
Quand Dassier se lâchent sur Deschamps et Bernès
Ces derniers jours, Jean-Claude Dassier, décidément très revanchard, n’a pas hésité à allumer aussi Didier Deschamps. «Qu’il n’ait pas eu un mot, un SMS, après deux ans de bonne collaboration, c’est quelque chose que je ne peux pas comprendre. C’est le seul du staff à s’être comporté ainsi. Le seul. Tous m’ont mis un petit mot amical. C’est son caractère. Sa personnalité.» Et Dassier de ressortir le bazooka : «Son attitude m’a beaucoup choqué. Pour moi, c’était un dieu. Une icône. J’avais beaucoup d’admiration pour lui. C’est un remarquable technicien du football. Mais comment peut-il humainement faire un truc pareil ? Je me demande si sa personnalité n’explique pas une partie des difficultés du club cette année. Dans sa relation à l’autre, aux autres, à son vestiaire, il est très compliqué.»
Dernière cible de Penna Bianca, Jean-Pierre Bernès. «C’est le très mauvais conseiller de Deschamps. Il a une relation avec Marseille dont il ne guérira jamais. A Marseille, tout est fait dans les règles, il n’y a pas de manipulation. Peut-être voulait-il prendre une revanche, mais ce n’est pas comme ça que ça fonctionnera. Son obsession sur Marseille et Anigo ne repose sur rien de sérieux. Rien.» Ce même Jean-Pierre Bernès que Jean-Claude Dassier voulait prendre comme conseiller du président à sa prise de fonction et qui avait dû faire machine arrière sous la pression insistante de José Anigo. C’était en 2009, un autre temps.
Dassier le « Jacques Cheminade » du foot?
Par la voix de l’avocat du club Me Francis Teitgen, l’OM a répondu à ses déclarations fracassantes: « Nous avons choisi la procédure arbitrale par souci de confidentialité et je suis stupéfait que M. Dassier parle dans la presse avant ses avocats au tribunal, souligne le bâtonnier. Il prêche pour sa paroisse mais, très franchement, c’est Jacques Cheminade en moins drôle. La réalité, c’est qu’il a violé des obligations qui figuraient dans son contrat. Le recrutement catastrophique qu’il a réalise, lui et lui seul, en août 2010, pèse lourd dans les comptes du club. »
Alors qui croire dans ce panier de crabes? Dassier, Labrune? Aucun des deux? Car il semble que les cadavres dans le placard de l’Olympique de Marseille soient nombreux et peu glorieux.
Tweet



